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HISTORIQUE
En 1850, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Moulins, Mr Poirier
dirige la construction d'une voie ferrée prés de Châtelperron. En
soulevant des couches de roches, il met au jour l'entrée de trois
grottes. Aux cours de fouilles effectuées les années suivantes ainsi
qu'après 1950, de nombreux silex et ossements et une défense de mammouth
de plus de 2,50 mètres sont exhumés.
PLONGEE à - 33 000 ans :
Sous la directive de Mr André Neu, Attaché culturel du Conseil
Général et grâce à des financements croisés : Conseil Régional - Conseil
Général - Municipalité, une exposition permanente a vue le jour.
Installée dans l'ancienne gare du "Tacot", le PREHISTORAMA de
Châtelperron a ouvert ses portes le 17 juin 2000.
Les nombreux visiteurs ont pu découvrir la vie quotidienne de ces hommes
de Neandertal grâce un parcours en dix étapes mêlant maquettes,
audiovisuel, objets reconstitués:
-
La découverte des grottes
aux fées
-
Les premières formes de vie
sur terre
-
Les premiers hominiens
-
La taille des outils de
silex (vidéo)
-
La chasse aux animaux du
paléolithique (vidéo)
-
Le travail de la peau et de
l'os (vidéo)
-
Les premières parure (vidéo
+ vitrine)
-
Les premières sépultures
-
Les grottes des fées et leur
environnement (vidéo)
-
Reconstitution, grandeur
nature de l'habitat de Neandertal
-
Evocation d'autres périodes
du paléolithique supérieur et du néolithique.
L'exposition se double d'une
salle de documentation (livres, cassettes, et CD-Room), accessible à
tout public et plus particulièrement aux scolaires.
Les collections originales de silex taillés et d'ossements inventés par
le docteur Bailleau à la fin du siècle dernier et par Henri Delporte
dans les années 50 ont été recueillis par divers musées (dont le Musée
Anne de Beaujeu, à Moulins). On ne peut donc voir à Châtelperron, que
des réplique de bonne facture dues au "préhistorien expérimental" Alain
Morala (certaines, ainsi que des pendentifs en véritables coquillages
fossilisés, sont en vente à la boutique de la halte-musée). Par
ailleurs, une fresque de l'artiste moulinoise Maud Soupa reproduit des
peintures rupestres préhistoriques.
La visite se fait par audio-guide trilingue (français, anglais,
allemand). En outre, trois postes informatiques permettent de consulter
des CD-Rom sur la préhistoire, et il sera un jour possible, grâce à
Internet, d'effectuer des visites virtuelles de ce site préhistorique.
L'accueil est assuré très aimablement et avec compétence par Florence
Pacaud, agent communal de valorisation (emploi-jeune).
LA DATATION du SITE de CHÂTELPERRON
On connaît l'intérêt de la méthode du carbone 14 qui permet de mesurer
l'âge d'un témoin d'origine organique (ossement, charbon, coquille...)
et de dater ainsi un campement préhistorique. Mais quand le témoin est
trop vieux, trop minéralisé, le carbone 14 est trop rare et n'est plus
mesurable. Un essai a été fait sur un fragment d'os provenant de
Châtelperron
(couche B 5) et a malheureusement échoué pour cette raison (absence de
collagène).
Les scientifiques utilisent parfois d'autres méthodes de datation, comme
celle de la thermoluminescence à partir de silex brûlés. Dans le cadre
des objets archéologiques, cette technique est applicable à des pièces
qui ont été exposées au feu (silex brûlés, céramique, sol rubéfié…).
Mais cette technique ne marche que si les silex sont brûlés et restent
bien protégés de la lumière naturelle, ce qui n'a pas été le cas des
collections de Châtelperron.

Par comparaison avec d'autres
gisements français, on peut toutefois estimer l'âge de l'occupation
castelperronienne aux environs de 33 000 ans.
Frédéric Surmely
QUELS ETAIENT LES HOMMES DE CHÂTELPERRON ?
On considérait autrefois que les Moustériens étaient des hommes de
Neandertal et ceux du Paléolithique supérieur (dont les
Castelperroniens) des "Homo sapiens sapiens" (appelés souvent hommes de
Cro-Magnon ou hommes modernes).
L'homme de Neandertal (Homo sapiens neandertalensis), dont le nom vient
d'un squelette trouvé au siècle dernier dans la vallée de la Neander, en
Allemagne, était un individu très robuste, de taille un peu plus petite
que la nôtre. Il avait le crâne volumineux mais peu élevé, le front
fuyant, les arcades sourcilières saillantes, le menton peu prononcé. Le
reste du squelette ne présentait pas de grandes différences avec celui
de l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire de nous. Un des squelettes les
plus complets de Néandertalien découverts en Europe a été trouvé dans
une grotte à la Chapelle-aux-Saints, près de Beaulieu, dans la Corrèze.
L'homme de Neandertal, longtemps considéré comme un homme primitif, a
été "réhabilité" par les scientifiques.
Il possédait assurément le langage et c'est avec lui qu'apparaissent les
premières sépultures, témoins de liens sociaux et affectifs déjà grands.
Aujourd'hui, la thèse des Castelperroniens appartenant à l'Homo sapiens
sapiens est mise en doute. La découverte d'ossements néandertaliens dans
une couche castelperronienne de Saint-Césaire (Charente-Maritime),
suggère que des Castelperroniens ont pu être des néandertaliens, mais
sans qu'on puisse affirmer qu'ils l'aient tous été. Le soi-disant "crâne
de Châtelperron" ne contribue pas à éclaircir cette question.
Les spécialistes sont également divisés sur la nature des liens entre
les sous-espèces Neandertal et Cro-Magnon. Certains, partisans d'une
évolution graduelle, pensent qu'il y a eu un passage évolutif de l'une à
l'autre. Neandertal et Cro-Magnon seraient donc en quelques sorte " père
et fils ". D'autres, notamment les anthropologues français, appuient la
théorie d'une évolution buissonnante. Neandertal et Cro-Magnon seraient
deux rameaux parallèles de l'évolution humaine, issus d'une couche
commune (homo érectus). Un des rameaux s'est éteint, Neandertal,
laissant la place à l'autre. Cette hypothèse, plus séduisante, qui fait
de Neandertal et Cro-Magnon des sortes de cousins, permet d'expliquer la
coexistence de deux sous-espèces au Proche-Orient comme en Europe.
Henri Delporte et Frédéric Surmely
Une dernière hypothèse proche de celle du cousinage, semble désigner
Cro-Magnon et Neandertal comme deux races distinctes, issues toutefois
de la même espèce "Erectus". Qui dit RACE, dit donc inter fécondes. Ces
deux races se seraient mélangées ou affaiblies selon les confinements
géographiques, par endémisme naturel, notamment pour ce qui est de la
race de Neandertal.
Alain Morala
Lire :
Châtelperron, un grand gisement préhistorique de l'Allier, de Henri
Delporte, inspecteur général honoraire des musées de France, publié avec
le concours de la DRAC et du Département. "Pour la science" n° 7622 :
Les origines de l'Humanité.
L'ALLIER UN SITE MAJEUR
Ces grottes font de l'Allier un site préhistorique majeur et nous
ramènent à la limite entre le paléolithique moyen et le paléolithique
supérieur, alors que les outils se perfectionnent et que l'art apparaît.
Cette découverte fait de l'Allier une terre d'archéologie et à même
donné son nom à ce niveau préhistorique, le CASTELPERRONIEN, qui marque
le début du passage au paléolithique supérieur. C'est aussi semble-t-il
le passage de témoin entre l'Homme de Neandertal et l'Homme de
Cro-Magnon (Homo sapiens sapiens). Ainsi le Castelperronien est devenu
un site éponyme de réputation mondiale.

LES ANIMATIONS SCOLAIRES
Des animations consacrées aux établissements scolaires, sont mis en
place pour les mois d'avril, mai et juin 2001. L'association FLINTS
produit un programme de démonstration et d'animation sur plusieurs
ateliers préhistoriques : Atelier de taille de silex, atelier de
peintures pariétales, atelier du travail de l'os et d'allumage du feu,
atelier d'expérimentation de tir au propulseur et pêche.
Pour tous renseignements téléphoner au 05 49 07 37 49 ou 06 80 17 43 98.
Ces animations sont agrées Education Nationales.
Email :
alain.morala@libertysurf.fr
La FLINT'S (association agréée Education Nationale et Jeunesse et
Sport), anime depuis 10 ans des classes vertes ou transplantées
(STAGES IN-VIVO). Elle pratique ces stages de 1 à 5 jours modulables,
soit dans la structure de votre choix (comme le montre en exemple la
photo ci-jointe à KERHINET en BRIERE -1993) ou dans nos terrains de
prédilection, les prestigieux sites éponymes de réputation
internationale :
La MADELEINE - 24 - DORDOGNE (site éponyme du magdalénien) et
CHÂTELPERRON -03- Allier (site éponyme du Châtelperronien).
Ces programmes de stages sont aussi accompagnés de visites d'autres
sites ayant pour thème la préhistoire. Vous pouvez sur simple demande
nous consulter pour les listes des sites à visiter, ou pour tout devis.
Toutefois sur les mêmes programmes, des interventions dans vos
établissements scolaires sont aussi réalisables.
UN RESTAURANT INSOLITE ATTENANT AU MUSEE
AU MENU : STEACK DE BISON
Le bar-restaurant La Grotte aux Fées est tenu par Michelle Putéanus.
Celle-ci, à la fois aux fourneaux et au service, propose trois menus,
dont une tourte au bleu d'Auvergne ou terrine au poivre vert, entrecôte
charolaise marchand de vin ou pintade aux pommes à cidre, fromage et
dessert. Après une tourte aux escargots ou une salade de gésiers au
confit de canard, ce dernier laisse le choix entre un traditionnel
magret de canard à l'orange et un steak de bison de Châtelperron. Du
bison qui n'a pas été congelé il y a 35 000 ans mais qui provient d'un
élevage américain : "Cependant, je cherche à me procurer, via la Chambre
d'agriculture, du bison frais d'élevage français et, je proposerai de
l'autruche et du kangourou" précise Michelle qui se félicite de la
fréquentation.


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